Industrie Online
Innovation Online
Valider
Mot de passe oublié ?
Prendre la crise à bras-le-corps
[Article du 30/03/2009]
À l'occasion des rencontres-débats organisées le 11 février par Oséo dans ses locaux de Maisons- Alfort, Jean-Paul Betbèze, chef économiste et directeur des études économiques du groupe Crédit Agricole, était invité à s'exprimer et à dialoguer sur la situation de crise… et sur les moyens d'en sortir par la réforme.


«Pour sortir de la crise, il faudra se battre, ce qui nécessite avant tout de reconnaître que nous sommes dans une guerre sérieuse. » C'est par ces termes forts que Jean-Paul Betbèze a introduit les rencontres- débats d'Oséo, le 11 février, à Maisons-Alfort. Pour surmonter la crise, il faudra aux chefs d'entreprise du courage, des perspectives, des champs d'expansion, mais aussi des amis et des territoires : c'est la collectivité qui seule pourra gagner ! Une priorité qui, selon l'économiste, devra être rapidement prise en compte. Mais au contexte s'ajoute le problème de la France face aux réformes. Car Jean-Paul Betbèze maintient que si la France est dans cet état, c'est sans doute que nous n'avons pas assez « pensé » la crise : « Pour se soigner, il faut un bon diagnostic, et ne pas hésiter à se dire des vérités, même difficiles à entendre. [...] La France est un pays qui met toute son intelligence à repousser l'échéance des réformes : ne pas réformer quand tout va bien et ne pas ajouter des difficultés quand la situation est moins bonne... » Il est important de poursuivre le soutien aux banques (voir encadré ci-contre), capables désormais de soutenir les PME, en particulier les «gazelles». La relance pour les PME doit avoir des effets rapides, et passe  notamment par les délais de paiement, l'appui à la création d'entreprises et le développement de réseaux coopératifs sur les territoires pour sortir les entreprises de leur isolement, la naissance de nouveaux groupes et la définition (en cours) d'un small business act à la française. Autres aspects : la solidarité des territoires, « un atout majeur de sortie de crise », auquel s'ajoute l'éclairage à porter sur les nouveaux secteurs porteurs d'une nouvelle croissance : le « vert », la logistique, le tourisme...

«NOUS TUONS NOS GAZELLES»

Concernant la taille des PME, « nous aurions besoin d'entreprises de 50, 100 ou, mieux, de 300 personnes comme en Allemagne. Nous tuons nos gazelles en ne leur permettant pas de grossir ! » Concernant le financement des PME, les mesures de déductibilité de l'ISF ne parviennent pas encore à pallier le manque de structures de financement, de business angels et d'écoles ayant des moyens financiers. « Nous devons encore trouver des fonds propres, plus que du crédit. Il faut aussi acquérir une mentalité de marché dans nos systèmes de production. » Enfin, le déficit du commerce extérieur est la marque d'un problème de compétitivité globale. En ce sens, l'innovation reste une des clés de la croissance et de la relance.

REPÈRE

L E C A S  F R A N Ç A I S E T L A  D I F F I C U L T É  D E  M E N E R  D E S R É F O R M E S

En France, la confiance des industriels chute, tout comme celle des consommateurs, animés d'une double attentecontradictoire : augmentation de salaires et prix les plus bas possible. En 2009, les secteurs industriels ne seront pas tous touchés dans les mêmes proportions, comme indiqué dans les prévisions du groupe Crédit Agricole (voir ci-dessous) : la demande de crédit baisse aussi, parallèlement à la baisse de l'activité. « Les agents économiques restent dans l'attente : c'est le symptôme du risque de déflation, c'est-à-dire un comportement de nonachat dans l'attente d'une baisse des prix ». Pour Jean-Paul Betbèze, la déflation, c'est la mort de l'entreprise. Le plan de relance français est bien connu dans son ensemble : soutien aux secteurs en difficulté, augmentation des investissements publics, impôts sur les sociétés et les ménages, économies budgétaires... Concernant le partage du résultat des entreprises, la part des salaires dans la valeur ajoutée est restée stable, à 58 % depuis plusieurs années. La décision préalable à la réforme prend du temps, mais son effet n'est pas ressenti tout de suite comme bénéfique. Il provoque même de l'inquiétude chez certains. Devant ces difficultés inhérentes à procéder à des réformes, l'auteur opte pour un mécanisme « où l'on fait diverses choses, presque "un peu de tout ". Et si tout n'est pas immédiatement parfait, on peut toujours revenir sur certains points par la suite, comme on le pratique dans le pilotage d'une entreprise. Mais l'économie française n'y est pas habituée ! Moins encore la société ».

Zoom Ne pas stopper le soutien en faveur des banques « La relance peut se faire par l'offre (politique dite de droite) ou par la demande (préconisations dites de gauche). Je suis résolument pour privilégier la relance de la demande portant sur les investissements, la seule qui engendre la croissance économique pour sortir de la crise ! » Jean-Paul Betbèze rappelle que la demande intérieure française de consommation se maintient assez bien, alors que persiste un problème d'investissement et de commerce extérieur. Pour privilégier l'investissement, l'économiste préconise de soutenir les banques en réduisant le coût de leur liquidité (baisse des taux d'intérêt de leur refinancement), en améliorant leur solvabilité par des apports en capital ou en titres hybrides et certaines règles en matière de comptabilité, dans un contexte clair et européen.


Auteur : Olivier Guillon     Source : Référence Industrie 21     Page : 6-7
VOTRE ACTUALITE
Les communiqués
de l'industrie
Recherche Multi-critères
Formulaire de référencement
Guide de la Compétitivité Industrielle
Guide Service à l'Industrie
Guide Logistique Manutention
Participer à nos prochains événements
Nos partenaires
SPILOG 2008 le 4 juin 2008
JEC Composites Show
France Industrie
SITL Europe
MECANETWORK
« PACK DIFFERENT » avec EMBALLAGE 2008
IPA 2008
MAINTENANCE EXPO
POLLUTEC du 2 au 5 Décembre 2008
MIDEST du 4 au 11 novembre 2008
PROGICIELS
SINAL EXHIBITION-Salon International du Non Alimentaire
Expoprotection
Serious Games
STIL - Salon International des solutions logistiques